Le marché de la photo est mort

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Le marché de la photo est mort

Par Sébastien Lavallée

 

La photographie se démocratise-t-elle vraiment?

Le marché de la photo est mort… du moins c’est ce que certains tenteront de vous faire croire. Si vous vous retrouvez à lire ces lignes c’est que, quelque part, vous y croyez aussi. Vous avez certainement déjà croisé l’un de ces petits dessins animés automatisés (vous n’avez qu’à ajouter le texte et le logiciel vous monte le tout en un tour de main). Ils sont bien gentils, parfois drôles, mais à qui s’adressent-ils?


Des «mauvais clients» il y en a partout. Des mauvais fournisseurs de services, aussi. Faut-il pour autant déclarer une maladie incurable au marché de la photographie sous prétexte que celle-ci se «démocratise»? Je ne crois pas. En fait, je crois même au contraire: je trouve le milieu dans lequel les photographes évoluent actuellement extrêmement stimulant. Imaginez: vous pouvez, dans la même heure, prendre une image, l’éditer, l’ajouter sur Internet et être vu par des centaines voire des milliers de personnes. Était-ce possible il y a 15 ans? Absolument pas. Si cet avantage vient avec son lot «d’inconvénients», je ne le sacrifierais pas pour rien au monde!

Mon appareil est plus fort que le tien

Certains parleront de la facilité d’acheter du matériel photographique, que cela entraîne une démocratisation de l’image. Pourtant, le prix du matériel professionnel n’a jamais bougé, ou à peu près pas. Peut-on photographier une joute de soccer, sous la pluie, avec un appareil entrée de gamme? Peut-être, mais il n’est pas fait pour une telle utilisation et un professionnel (par professionnel, on entend: quelqu’un qui gagne sa vie avec la photo) saura que ce petit boitier ne fera pas long feu entre ses mains.

Pour le reste, si un photographe amateur désire investir dans le matériel photographique de qualité pro, grand bien lui fasse, mais il ne sera pas photographe de métier pour autant. Croyez-vous que je pourrais être médecin si je dépensais des millions en équipement médical à la fine pointe de la technologie? Il me manquerais certainement quelques petites notions de base!

Une question d’adaptation… et de spécificité!

S’il y a un aspect qui est constamment évacué de ce constat de la part de mes collègues, c’est que le client, lui aussi, évolue. Rien de plus facile, lorsque le client connaît la qualité d’une image, qu’il utilise le même matériel que vous, de donner de la valeur à votre travail. Ce qui rend ce travail si précieux: sa spécificité.

Personne d’autre que vous peut réaliser cette image, mais surtout vous le faites POUR quelqu’un, dans un but précis. Un des mes clients, pour lequel j’ai couvert un événement, avait aussi accès à une banque d’images réalisées bénévolement. Sur les milliers de ces images, à peine une dizaine étaient utilisables. Dans mon cas, la grande majorité de mes photos possédaient une valeur pour le client: elles étaient réalisées POUR lui, dans un cadre bien précis. Il ne suffit pas de «peser s’ul bouton», il faut savoir ce que l’on cherche! Lorsque le client connaît la valeur d’une bonne photo, il est d’autant plus facile de faire valoir votre spécificité, vos forces.

Alors, photographes, cessez de vous plaindre ou d’écouter les autres se plaindre et tenez vous en haut de la vague. Diversifiez vos aptitudes, trouvez des façons originales de présenter votre travail ou travaillez votre «oeil», mais ne blâmez pas un marché pour vos échec: il n’en tient qu’à vous d’évoluer ou pas dans celui-ci.

3 thoughts on “Le marché de la photo est mort

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  2. Alexandre

    À chaque fois qu’on me parle de mort de la photographie je répond « regarde autours de toi, on baigne dans tellement d’image c’est incroyable. » Certaines sont très réussis, d’autres moins mais le fait est là, chacun a été prise par un photographe.

    Ce qui m’a beaucoup étonné durant un mariage c’est un enfant de 3 ans veut voir sa propre image après que je l’ait photographié pour voir s’il la trouve belle. Quand même.


    • Ça ou des enfants qui font un sourire «fake» dès qu’on pointe un appareil sur eux («Souris mon grand là, souris!» ahah) Tu as bien raison: il y aura TOUJOURS du travail pour les photographes, peu importe sa spécialité! La qualité, ça c’est un autre débat! :-)

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