La fausse surprise

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La fausse surprise

Par Sébastien Lavallée

Hasselblad 500 ELM sur un trépied, vu d'en haut. (© Infocale - Sébastien Lavallée, 2011)

Photo: Sébastien Lavallée

Personnellement, je n’ai jamais travaillé professionnellement avec un appareil argentique. J’ai appris en développant moi-même mes rouleaux de noir et blanc (et je le fais d’ailleurs toujours), mais je n’ai jamais utilisé autre chose que le numérique dans le cadre de mon travail.

Ce qui me fait penser: même si l’argentique a toujours ses adeptes, il y aura (ou il y a déjà) toute une génération de photographes professionnels qui n’auront jamais enroulé une pellicule dans une spirale de plastique (ou de métal, selon votre «école»).

J’en discutais avec un collègue photographe qui me disait à quel point les «vieux de la vieille» trouvent ces jeunes chanceux. Chanceux de pouvoir se «fier» à un petit écran pour déterminer si la photo est bonne ou non. «C’était bien plus difficile à l’époque!» Moi qui travaille avec les deux systèmes, je dois pourtant avouer que je n’ai jamais aussi bien travaillé en argentique que depuis que je suis photographe professionnel, à force de faire de la photo à tous les jours.

La vérité est qu’au delà de la différence de support, la lumière, elle, ne change pas. Le comportement des gens non plus. Ces mêmes personnes qui vous diront que les jeunes photographes ont une chance incroyable d’avoir le numérique comme terrain d’apprentissage… vous diront aussi que l’appareil n’y est pour rien dans la qualité d’un photographe.

Mon écran? Je le regarde à l’occasion, mais pas systématiquement: je me fie beaucoup plus à mon jugement! Je pourrais facilement travailler sans avoir d’écran.

Qu’on ne me parle plus de la surprise de voir ses photos sur un négatif qui a été tué par l’arrivée du numérique: avec un système comme l’autre, le photographe saura ce qu’il a photographié au moment même de la prise de vue. La seule vraie surprise, en argentique, est de savoir si la température de l’eau sera bien réglée ou si le rouleau ne sera pas oublié dans un séchoir détériorant ainsi le précieux matériel.

Demandez-vous plutôt pourquoi certaines personnes s’étonnent de voir une bague d’ajustement sur un objectif fixe: «Quoi, il n’y a pas d’autofocus?!?»

2 thoughts on “La fausse surprise

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  2. Steve Olmstead

    Je ne suis pas un professionnel mais j’ai développé des milliers de négatif durant mes années de travail au centres japonais, et jài eu la chance d’essayer deux appareil 35mm très différents une minolta (je me souviens plus du modèle) très Hi-tech pour son époque avec son zoom numérique et son écran d’informations modes automatique comme sur les numérique et une fujica ax-1 une caméra manuel avec ouverture et focus contrôler sur la lentille. on as beaucoup de satisfaction à voir une belle photo sortir mais l’anticipation est mortelle.

    Je me suis procurer une nikon D3100 récemment et je me disais si on reculais le temps de 30 ans et on emmène la D3100 (qui est une « entrée de gamme ») et que un photographe professionnel de ce temps recevais cet appareil, comment serait-il surpris de voir sa photo apparaître, de pouvoir prendre des centaines de photos sans changer de négatif et ce même si chaque photo utilise un réglage ISO différent ?

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