X-Pro1: Test rapide

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Un jeune homme, planche à roulettes à la main, Ottawa, juillet 2012, Test Fuji X-Pro1 (© Sébastien Lavallée)

Bon.

Je l’avoue, j’ai une fâcheuse habitude: avant d’essayer un nouveau gadget, je tente d’abord de déceler ses points faibles, pour voir si ceux-ci me déplaisent, puis je me résous à l’essayer. Généralement, je vais me demander plusieurs fois: «Mais, pourquoi cette chose existe-t-elle?» Comme il apparaît des nouveautés à toutes les deux secondes, il faut bien se trouver des raisons pour ne pas en avoir de besoin! Continue reading

Argentique

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Mon grand-père, Noël 2011. (© Sébastien Lavallée)
Mon grand-père.

Je dois l’avouer: j’utilise encore des appareils photo fonctionnant avec de la pellicule. Couleur, noir et blanc ou ayant passé les dix dernières années dans un tiroir: la provenance de la pellicule ne m’importe guère, tout ce qui compte ce sont les trouvailles que cela procure. Vous pouvez maintenant me traiter de tous les noms, m’accoler des étiquettes si vous le désirez, mais j’utilise cette technologie d’abord et avant tout parce qu’elle me plaît! Continue reading

Le fluo de demain

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Le fluo de demain

Par Sébastien Lavallée

«Les modes passent, le style est éternel. La mode est futile, le style pas.»

– Yves Saint Laurent

Je suis né dans les années 1980. J’étais trop jeune pour me souvenir de tout, mais je me souviens clairement de mon habit de neige fluo (du jaune, beaucoup de jaune, et du bleu) et de mon couple tuque/mitaines assorties. Je m’en souviens, mes photos me le rappellent, mais quelle insulte au bon goût devant mon oeil de 2011!  Continue reading

La fausse surprise

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La fausse surprise

Par Sébastien Lavallée

Hasselblad 500 ELM sur un trépied, vu d'en haut. (© Infocale - Sébastien Lavallée, 2011)

Photo: Sébastien Lavallée

Personnellement, je n’ai jamais travaillé professionnellement avec un appareil argentique. J’ai appris en développant moi-même mes rouleaux de noir et blanc (et je le fais d’ailleurs toujours), mais je n’ai jamais utilisé autre chose que le numérique dans le cadre de mon travail. Continue reading

Pour un retour de la naïveté

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Pour un retour de la naïveté

Par Sébastien Lavallée

Il est beaucoup question d’argent lorsque l’on traite le sujet de la photographie. Beaucoup trop. Certains croient que les coûts d’exploitation d’une entreprise dans le domaine photographique ne dépasse pas le coût du matériel à acheter, d’autres comprennent mal, en faisant le calcul, qu’un photographe ait un «salaire horaire» aussi astronomique. Pourtant, la réalité est loin d’être aussi simple.

Du point de vue du photographe

Je ne suis pas prêt à dire que cela vient d’une démocratisation de l’image: n’est pas photographe qui s’achète un appareil photo. Par contre, la valeur du produit photographique en a visiblement souffert lorsque l’on constate la réaction des gens face à des factures de contrats commerciaux. Dans cet article, c’est surtout les commentaires qui me font sursauter, pas la facture elle-même: si Paul Couvrette peut «vendre» ses services à ce prix, c’est qu’il a des raisons pour le justifier: le montant total n’explique pas tout par lui-même.

Dans les commentaires, à part des «payeurs de taxes» mécontents, on retrouve aussi de ces personnes qui croient que tout ce que cela prend pour faire une photo de ce type c’est… un appareil. C’est l’équivalent que de dire que tout ce que ça prend pour être architecte, c’est un crayon, ou des mains pour être pianiste. Le photographe possède une renommée, un style et des possibilités techniques qui lui sont propres. Ces particularités sont prisent en considération lors de l’élaboration de la charte des coûts (en plus des dépenses du photographe en assistant, matériaux, etc.)

Il est normal, pour des citoyens, d’avoir accès et de critiquer les dépenses d’un gouvernement. C’est une question de transparence et de respect de ses électeurs de rendre publiques ces dépenses, aussi. Par contre, on ne peut juger des frais d’un photographe sans en avoir décortiqué les différentes facettes de la facture.

De tout, pour tout le monde

Pour voir le problème d’un autre angle, j’aimerais mentionner un fait soulevé par mon collègue Claude sur son blogue personnel: les budgets sont variables et les photographes pour correspondre à ces budgets existent. La même photo, prise pour votre oncle ou prise pour une multi-nationale, n’aura pas la même valeur. Un photographe sait s’ajuster en fonction de ces facteurs, mais sait aussi que si une grande compagnie ou une personnalité importante l’approche pour des services photographiques, c’est qu’il doit avoir cette valeur, cette renommée que les autres n’ont pas.

En gardant cette idée en tête, il ne faut pas s’étonner que certains photographes gagnent plus d’argent: ils ont beaucoup plus d’expérience pour justifier ce salaire. Il faut plutôt trouver la bonne chaussure à son pied, le photographe qui concordera à votre prix ET à vos besoins. La demande sera toujours plus forte que l’offre, de toute façon.

… et la naïveté?

J’y arrive!

En fait, c’est le mot le plus juste que j’ai pu trouver pour exprimer ce désir qu’ont certains photographes d’être au service de leurs images. Ce qui fait qu’un photojournaliste recherchera l’image qui changera le monde, que le portraitiste recherchera à capter l’âme d’une personne en photo ou que le photographe de nature recherchera la meilleure lumière pour un endroit spécifique, quitte à y attendre des heures.

J’aimerais voir plus de cette attitude particulière, que les photographes de métier ne se voient plus comme des hommes d’affaires avec un appareil photo (même si c’est un aspect indéniable de leur travail). J’aimerais voir plus de ces Chase Jarvis ou de ces Jocelyn Michel (et bien d’autres), qui travaillent beaucoup, mais ne perdent jamais de vue la raison pour laquelle ils font ce qu’ils font et qui cherchent toujours à innover et à multiplier les projets personnels, qui carburent à la créativité.

Par dessus tout, j’aimerais que l’on retrouve cette naïveté de croire que tout n’a pas encore été fait et que ce que l’on réalise n’aurait pas pu être créé par un autre que nous.

Le marché de la photo est mort

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Le marché de la photo est mort

Par Sébastien Lavallée

 

La photographie se démocratise-t-elle vraiment?

Le marché de la photo est mort… du moins c’est ce que certains tenteront de vous faire croire. Si vous vous retrouvez à lire ces lignes c’est que, quelque part, vous y croyez aussi. Vous avez certainement déjà croisé l’un de ces petits dessins animés automatisés (vous n’avez qu’à ajouter le texte et le logiciel vous monte le tout en un tour de main). Ils sont bien gentils, parfois drôles, mais à qui s’adressent-ils?

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Photographie urbaine : Trucs et conseils

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Photographie urbaine : Trucs et conseils

Par Sébastien Lavallée

 

Rue de New York, Photographie Urbaine, Quotidien, Janvier 2010 (© Sébastien Lavallée, 2010)

Rue de New York

En guise de suite à mon article Je vous complimente : souriez !, j’ai pensé vous offrir quelques uns de mes petits trucs afin de réaliser des photographies en pleine ville : comment être prêt pour capter LE moment tant recherché. Cet article est aussi une référence pour les personnes qui ont assisté à ma petite conférence vendredi dernier au Club de photo polarisé. Continue reading

Guide de survie: Premières années comme photographe professionnel

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Guide de survie: Premières années d’un photographe professionnel

Par Sébastien Lavallée

Marathon d'Ottawa, Photographe en action, Ottawa (© Sébastien Lavallée, 2010)

Photo par Sébastien Lavallée photographe.

Peu importe l’entreprise, les premières années sont toujours les plus difficiles. Dans le cas de la photographie, le statut particulier de travailleur autonome peut rendre la situation encore plus insoutenable si vous ne développez pas les bons réflexes, la bonne attitude. Voici une courte liste de trucs qui m’ont aidé et m’aident encore aujourd’hui.

Équipement

«Il faut dépenser de l’argent pour faire de l’argent.» Vous avez certainement déjà croisé cette phrase au moins une fois dans votre vie. Elle est vraie, mais il faut ajouter: «… sans dépenser plus que ce que l’on peut dépenser !» Je le nierai pas, un bon appareil photo et de bons objectifs de qualité professionnelle vous rendront la vie plus facile, mais, surtout, survivront aux nombreux abus de la photographie quotidienne. Il vous faut être prêt à travailler dans n’importe quelles conditions.

Par contre, procurez-vous seulement ce dont vous avez vraiment besoin et en fonction de vos revenus ! Quand j’ai débuté comme professionnel, il y a presque deux ans, je m’étais fixé comme but d’investir dans mon matériel en fonction des contrats que je dénichais. La facture peut gonfler très rapidement, il faut donc trouver un juste milieu ! Si je voyais que je pouvais facilement rentabiliser une pièce d’équipement en peu de temps (sans me priver de nourriture, on s’entend), elle trouvait son chemin dans mon sac photo.

Les photographes sont vos amis

Vous craignez chaque personne avec un appareil photo se trouvant dans vos parages, surtout lorsqu’il s’agit de professionnels ? Changez de métier: il n’y a pas de concurrence directe entre les photographe puisque chacun à son style, sa façon de travailler et même ses propres méthodes de facturation ! Trouvez ce qui vous défini et sachez l’expliquer. Vous pourrez ensuite aller prendre un café en compagnie d’un collègue avec l’esprit tranquille ! En plus, c’est parfois utile lorsque vous devez emprunter de l’équipement que vous ne possédez pas pour LE contrat qui le nécessite !

Dans le même ordre d’idée, dénigrer le travail d’un collègue lors d’une discussion avec un potentiel client ne vous aidera jamais ! Pensez-y: vous passez plusieurs minutes, avec un client, à parler de… quelqu’un d’autre ! Contre-productif vous dites ?!? Parlez plutôt de VOTRE approche et laissez au client la joie de découvrir si cette vision correspond à la sienne. Ne craignez d’ailleurs pas un refus (ou même de dire «non» à un contrat): iriez-vous dans un restaurant si vous n’aimez pas son type de nourriture? Il en va de même pour la photographie !

Pas de panique !

Voici un fait: vous ne serez pas riche du jour au lendemain avec la photo. Cela semble une évidence, mais certains pourraient croire le contraire. Bâtir une clientèle, établir son style et son approche, cela prend du temps… beaucoup de temps ! Si, après deux années, vous notez une augmentation de vos revenus et que vous avez établi une relation d’affaires (plusieurs contrats) avec différents clients: vous êtes sur une bonne voie ! Ces premières années seront les plus difficiles, surtout financièrement, mais le résultat sera au rendez-vous dans les années qui suivront !

Au sujet de la panique, aussi, il est primordial d’être bien organisé. Si vous commencez à un contrat par semaine ou une fois de temps en temps, cela peut sembler inutile, mais lorsque la demande augmentera, avoir un bon système d’organisation est primordial. Vous devez développer des méthodes de travail pour chaque étape, de la demande d’informations à la livraison/facturation en passant par l’édition des images.

Disponibilité

Le conseil le plus important que l’on m’ait donné dans ma courte carrière a été celui-ci: «Il faut se rendre disponible !» Ensuite, c’est à vous de jugez si vous pouvez ou non garder un emploi à temps partiel en plus de vos activités photographiques: est-ce que votre type de photo demande une disponibilité totale ou est-ce que les assignations apparaissent à la dernière minute? Dans ce cas, un autre emploi duquel vous ne pourrez vous absenter à quelques heures d’avis n’est pas une bonne idée.

Si les deux aspects de votre vie professionnelle sont compatibles, il est alors possible pour vous d’opter pour cette solution. Il serait même suggérer de varier vos sources de revenus au moins pour la première année, un emploi à temps partiel pourrait alors être tout désigné.

Ne pas perdre de vue l’évidence…

Le dernier conseil est probablement le plus important: faites de la photo, tout les jours si possible ! De cette façon, vous sortez de votre routine (et de chez vous) en gardant la forme photographiquement. Il n’y a rien de pire, lorsque l’on est photographe, de se retrouver, plusieurs jours de suite, à fixer un ordinateur. Initier des projets personnels, des idées qui pourront être misent de côté à la première opportunité professionnelle. Tenez-vous occupé, c’est bon pour votre moral et la qualité de vos images y gagnera par la même occasion !

Ces trucs n’en sont que quelques-uns parmi tant d’autres. Et vous, qu’avez-vous appris lors de vos premières années comme photographe professionnel?

Acheter local, en photographie?

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Acheter local, en photographie?

Par Sébastien Lavallée

Acheter local, en photo ? Infocale.ca, Appareil photo, dans l'herbe, devant un jardin. (© Infocale, 2010)

Les locavores, vous connaissez ?  Il s’agit d’une attitude écologique où l’on ne consomme que ce qui a été produit à un maximum de 250 km de notre lieu de résidence.* Maintenant, comment serait-il possible d’appliquer ce concept aux habitudes de consommation photographique ? Très peu de matériel photo est produit en Amérique du nord, cela est indéniable. Cependant, il est possible de privilégier les achats à proximité de son domicile malgré tout.

* Si cela vous intéresse, d’ailleurs, jetez un coup d’œil au site web du Marché de Solidarité Régionale de l’Outaouais (MSRO). On commande en ligne, la cueillette se fait aux deux semaines et les produits offerts sont excellents ! Continue reading