Relativité du temps

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Moins de 200

La photographie a été inventée en 1839. En fait, elle a été présentée à l’Académie des sciences (France) cette année-là. Moins de 200 ans, donc, depuis l’époque où une image prenait plusieurs heures d’exposition. Pour nous, cela semble incroyablement loin, mais en fait il ne s’agit là qu’une fraction de seconde si l’on compare à la peinture, la sculpture, le théâtre, etc. Continue reading

Argentique

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Mon grand-père, Noël 2011. (© Sébastien Lavallée)
Mon grand-père.

Je dois l’avouer: j’utilise encore des appareils photo fonctionnant avec de la pellicule. Couleur, noir et blanc ou ayant passé les dix dernières années dans un tiroir: la provenance de la pellicule ne m’importe guère, tout ce qui compte ce sont les trouvailles que cela procure. Vous pouvez maintenant me traiter de tous les noms, m’accoler des étiquettes si vous le désirez, mais j’utilise cette technologie d’abord et avant tout parce qu’elle me plaît! Continue reading

Le parcours d’une vie

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Les passionnés de la photo: Guy Bélisle (hors-série)

Par Sébastien Lavallée

Guy Bélisle - Photo: Sébastien Lavallée (© Infocale.ca)

C’est avec modestie et une petite touche de fébrilité que Guy Bélisle parle de son parcours photographique. C’est avec un sentiment d’accomplissement, par contre, qu’il discute de son livre Flash et Mégapixels: «À la retraite, il y a des gens qui se paient des voitures ou des motos, mais moi j’ai décidé de me payer un livre photo.»

Celui qui a étudié en photo sans jamais y travailler professionnellement pourrait être décrit comme un vrai amateur: celui qui manipule l’art photographique pour le simple plaisir de la chose, toute une vie durant.

Le parcours photographique que retrace ce livre pourrait donner beaucoup à penser aux photographes professionnels aguéris: n’utilisant maintenant que des appareils numériques compacts, M. Bélisle nous rappelle qu’avant de vivre de son art il faut commencer par vivre notre art, l’installer dans notre quotidien. Ici, il n’est pas question de style ou de gadgets, mais de la simple relation entre un homme et sa vie par l’intermédiaire de la photographie.

Pourquoi s’offrir ce cadeau de retraite? À ce sujet, le photographe cite son ami Jean-Yves Guidon, qui signe aussi la présentation du livre: «Les gens qui font de belles choses doivent les partager. À les garder sous son lit, il est impossible d’aller plus loin.» Par son travail, M. Bélisle a eu la chance de voyager en Europe et de côtoyer des personnalités des quatre coins du monde, résultant en une grande ouverture sur le monde.

Appareil toujours en poche, il aime s’approcher le plus possible de ses sujets. Si le résultat a toujours plu à ses proches et amis, il n’avait cependant jamais pensé en faire un produit: «C’est un produit personnel plus que vendable. Moi, je suis allé au bout de mon projet.»

Des cent premières copies, soixante-quinze ont été remises à des personnes ayant influencé le photographe dans son parcours de vie. Cet album, pour lui, est un legs, la trace d’un parcours de vie, qu’il désire avant tout partager avec famille, amis et toutes les personnes croisées en cours de route.

Luminosité divine - Guy Bélisle

Luminosité divine - Guy Bélisle

Encre de Chine - Guy Bélisle

Encre de Chine - Guy Bélisle

Il est enfin là - Guy Bélisle

Il est enfin là - Guy Bélisle

Trampoline - Guy Bélisle

Trampoline - Guy Bélisle

L’architecture des corps

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L’architecture des corps

Les passionnés de la photo: Benjamin Madison (hors-série)

Par Sébastien Lavallée

Benjamin Madison, Vieux-Hull, Mars 2011 (© Infocale - Sébastien Lavallée, 2011)

Benjamin Madison (Photo: Sébastien Lavallée)

Benjamin Madison est très ancré dans sa région: inspiré par les photographes du coin et très reconnaissant des contacts qu’il a accumulés dans le milieu qui l’aident au fil des défis, il ne se considère pas comme un photographe technique. Rencontré dans un bar du Vieux-Hull, le photographe nous parle un peu de sa démarche artistique.
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La fausse surprise

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La fausse surprise

Par Sébastien Lavallée

Hasselblad 500 ELM sur un trépied, vu d'en haut. (© Infocale - Sébastien Lavallée, 2011)

Photo: Sébastien Lavallée

Personnellement, je n’ai jamais travaillé professionnellement avec un appareil argentique. J’ai appris en développant moi-même mes rouleaux de noir et blanc (et je le fais d’ailleurs toujours), mais je n’ai jamais utilisé autre chose que le numérique dans le cadre de mon travail. Continue reading

Pour un retour de la naïveté

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Pour un retour de la naïveté

Par Sébastien Lavallée

Il est beaucoup question d’argent lorsque l’on traite le sujet de la photographie. Beaucoup trop. Certains croient que les coûts d’exploitation d’une entreprise dans le domaine photographique ne dépasse pas le coût du matériel à acheter, d’autres comprennent mal, en faisant le calcul, qu’un photographe ait un «salaire horaire» aussi astronomique. Pourtant, la réalité est loin d’être aussi simple.

Du point de vue du photographe

Je ne suis pas prêt à dire que cela vient d’une démocratisation de l’image: n’est pas photographe qui s’achète un appareil photo. Par contre, la valeur du produit photographique en a visiblement souffert lorsque l’on constate la réaction des gens face à des factures de contrats commerciaux. Dans cet article, c’est surtout les commentaires qui me font sursauter, pas la facture elle-même: si Paul Couvrette peut «vendre» ses services à ce prix, c’est qu’il a des raisons pour le justifier: le montant total n’explique pas tout par lui-même.

Dans les commentaires, à part des «payeurs de taxes» mécontents, on retrouve aussi de ces personnes qui croient que tout ce que cela prend pour faire une photo de ce type c’est… un appareil. C’est l’équivalent que de dire que tout ce que ça prend pour être architecte, c’est un crayon, ou des mains pour être pianiste. Le photographe possède une renommée, un style et des possibilités techniques qui lui sont propres. Ces particularités sont prisent en considération lors de l’élaboration de la charte des coûts (en plus des dépenses du photographe en assistant, matériaux, etc.)

Il est normal, pour des citoyens, d’avoir accès et de critiquer les dépenses d’un gouvernement. C’est une question de transparence et de respect de ses électeurs de rendre publiques ces dépenses, aussi. Par contre, on ne peut juger des frais d’un photographe sans en avoir décortiqué les différentes facettes de la facture.

De tout, pour tout le monde

Pour voir le problème d’un autre angle, j’aimerais mentionner un fait soulevé par mon collègue Claude sur son blogue personnel: les budgets sont variables et les photographes pour correspondre à ces budgets existent. La même photo, prise pour votre oncle ou prise pour une multi-nationale, n’aura pas la même valeur. Un photographe sait s’ajuster en fonction de ces facteurs, mais sait aussi que si une grande compagnie ou une personnalité importante l’approche pour des services photographiques, c’est qu’il doit avoir cette valeur, cette renommée que les autres n’ont pas.

En gardant cette idée en tête, il ne faut pas s’étonner que certains photographes gagnent plus d’argent: ils ont beaucoup plus d’expérience pour justifier ce salaire. Il faut plutôt trouver la bonne chaussure à son pied, le photographe qui concordera à votre prix ET à vos besoins. La demande sera toujours plus forte que l’offre, de toute façon.

… et la naïveté?

J’y arrive!

En fait, c’est le mot le plus juste que j’ai pu trouver pour exprimer ce désir qu’ont certains photographes d’être au service de leurs images. Ce qui fait qu’un photojournaliste recherchera l’image qui changera le monde, que le portraitiste recherchera à capter l’âme d’une personne en photo ou que le photographe de nature recherchera la meilleure lumière pour un endroit spécifique, quitte à y attendre des heures.

J’aimerais voir plus de cette attitude particulière, que les photographes de métier ne se voient plus comme des hommes d’affaires avec un appareil photo (même si c’est un aspect indéniable de leur travail). J’aimerais voir plus de ces Chase Jarvis ou de ces Jocelyn Michel (et bien d’autres), qui travaillent beaucoup, mais ne perdent jamais de vue la raison pour laquelle ils font ce qu’ils font et qui cherchent toujours à innover et à multiplier les projets personnels, qui carburent à la créativité.

Par dessus tout, j’aimerais que l’on retrouve cette naïveté de croire que tout n’a pas encore été fait et que ce que l’on réalise n’aurait pas pu être créé par un autre que nous.

Le marché de la photo est mort

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Le marché de la photo est mort

Par Sébastien Lavallée

 

La photographie se démocratise-t-elle vraiment?

Le marché de la photo est mort… du moins c’est ce que certains tenteront de vous faire croire. Si vous vous retrouvez à lire ces lignes c’est que, quelque part, vous y croyez aussi. Vous avez certainement déjà croisé l’un de ces petits dessins animés automatisés (vous n’avez qu’à ajouter le texte et le logiciel vous monte le tout en un tour de main). Ils sont bien gentils, parfois drôles, mais à qui s’adressent-ils?

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Angoissés s’abstenir

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Angoissés s’abstenir

Entrevue avec Caroline Hayeur

Par Sébastien Lavallée

Caroline Hayeur, Montréal, Novembre 2010 (Photo: Sébastien Lavallée)

Caroline Hayeur (Photo: Sébastien Lavallée)

Je suis allé rejoindre Caroline Hayeur dans les locaux de l’Agence Stock. «On déménagé depuis quelques mois», qu’elle me dit alors qu’on descend les étages en ascenseur. Nous nous rendons dans un petit café d’inspiration japonaise. Tout de suite, elle remarque les œuvres aux murs: des numérisations de négatif de film polaroïd en grands formats. L’artiste est sur place, elle discute quelques minutes avec lui de son thème: la disparition. Continue reading

À manger, s’il-vous-plaît!

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À manger, s’il-vous-plaît!

Par Sébastien Lavallée

Ma théorie est qu’en principe, toute bonne chanson doit parler de la température, mentionner les noms des villes et des rues et quelque chose à bouffer, dit Waits. Tu ne peux pas mettre des gens dans tes chansons et ne pas leur donner à bouffer! Tu es en train de créer un univers et tu invites les gens à l’explorer, alors tu dois leur donner quelque chose à faire une fois rendus.

- Tom Waits ( Le rat des champs, une entrevue accordée à Melora Koepke pour le Voir, 7 octobre 2004)

 

Assiette, couteau, fourchette (© Infocale, 2010)

J’ai parlé de technique et de créativité déjà, ça, c’est fait! Par contre, j’ai omis un autre aspect tout aussi important, mais beaucoup plus difficile à cerner. Il s’agit du sujet photographié lui-même, ce qui se déroule devant les yeux de celui qui regarde le fruit de votre travail. Personnellement, la citation que j’ai ajoutée au début de cet article, provenant du musicien bien connu Tom Waits, me revient souvent en tête lorsque je fais de la photographie, que ce soit un shooting «créatif» ou la couverture d’un événement: les gens doivent avoir quelque chose à se mettre sous la dent!

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BURN.01 – Inspiration

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BURN.01

Inspiration

Par Sébastien Lavallée

 

BURN.01 (© Infocale.ca)

BURN.01

Je suis un habitué du web magazine burn depuis plus d’un an (le projet a vu le jour il y a presque deux ans) et je n’ai pas pu résister à la tentation de me procurer leur premier recueil papier : BURN.01. D’une part, l’ouvrage regroupe bon nombre des travaux de photographes émergents, sous les conseils du photographe de Magnum David Alan Harvey, mais aussi des reportages photos de photographes bien établis (l’excellent et touchant travail de James Nachtwey sur les ravages des formes les plus dévastatrices de tuberculose : Struggle to live – the fight against TB). Continue reading

10 photos qui ont changé ma vie (de photographe)

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10 photos qui ont changé ma vie (de photographe)

Par Sébastien Lavallée

La photographie a ceci de particulier : certaines images, que l’on ne voit pourtant qu’une seule fois, nous restent en mémoire pendant des années. Je passe parfois un temps incroyable à essayer de me rappeler quel photographe a réalisé une image qui me trotte en tête. Voici, pour vous, une courte sélection de dix photographies qui sont de celles qui «restent en tête». Continue reading