L’architecture des corps
L'architecture des corps
Les passionnés de la photo: Benjamin Madison (hors-série)
Par Sébastien Lavallée
Benjamin Madison est très ancré dans sa région: inspiré par les photographes du coin et très reconnaissant des contacts qu'il a accumulés dans le milieu qui l'aident au fil des défis, il ne se considère pas comme un photographe technique. Rencontré dans un bar du Vieux-Hull, le photographe nous parle un peu de sa démarche artistique.
La petite histoire
En 2007, alors qu'il achète son premier appareil sur un coup de tête, l'univers photographique de Benjamin Madison se composait en grande majorité de photographie de scène: «Pendant un an, un an et demi, j'ai couvert de quatre à six shows par semaine.» Fatigué par ce rythme de vie, il délaisse la scène pour s'intéresser au nu artistique: «J'aime les courbes. Je suis un gars pas mal architectural et ce qu'il y a de plus proche de l'architecture, c'est le corps humain: tu as tout là-dessus!»
Alliant sa passion pour la photographie et son travail à temps plein, Benjamin se considère plutôt comme un artiste-photographe: son but avoué étant d'abord et avant tout de réaliser et monter ses expositions, desquelles il ne cache pas son désir de pouvoir, un jour, en vivre.
Sans visage
S'il a un désir de provoquer, attirer le regard, il évite à tout prix de tomber du côté sexuel de la nudité. C'est une des raisons pour lesquelles nous ne voyons jamais le visage de ses modèles: en excluant les expressions faciales, le spectateur ne prête alors aucune intention au sujet. C'est aussi pour éviter que les personnes puissent être reconnue sur la rue: «Mon but est que personne ne sache c'est qui.» Les modèles participent d'ailleurs au processus de sélection des images: le photographe ne voulant jamais montrer une image avec laquelle la personne ne serait pas à l'aise.
Au naturel
Son dernier projet, Naturelle, met en scène des humains qui «retournent à la nature». Travaillant en lumière naturelle et voulant recréer un monde «post-apocalyptique», les sujets de ses photos se fondent avec la nature: «La première partie se passe en nature avec de l'argile. La deuxième partie se déroule dans des lieux abandonnés.» Vous pouvez voir son exposition du 6 mars au 2 avril 2011, au café Aux 4 jeudis.
http://benj.ca/

